Mobilisation à Bron après l'évacuation d'un squat

Villeurbanne le 8 novembre 2015

Le 21 octobre 2015, les forces de l’ordre ont évacué un squat, situé à Bron installé dans un immeuble, voué à la démolition, appartenant à la Métropole .

Si une telle expulsion réalisée seulement dix jours avant le début du plan froid en application d’un référé en date du 26 février 2015, soit huit mois plus tard, la date choisie à la veille des vacances scolaires de Toussaint, laisse rêveur .

Cet étonnement laisse place à la colère vis-à-vis de la Métropole, lorsque la Ligue des droits de l’Homme suite au bilan effectué par la CIMADE prend connaissance des situations administratives et juridiques de ces personnes mises ainsi à la rue .

En effet, sur 12 familles avec enfants : la plupart ont encore des procédures en cours au titre de l’asile et deux autres familles ont des attestations renouvelées plusieurs fois pour « étranger malade » : ces personnes devraient donc être hébergées !

Deux familles sans enfant ont actuellement l’une un recours en CNDA, l’autre est en instruction pour sa 1ère demande d’asile : elles devraient elles aussi être prises en charge dans un site d’hébergement officiel ;

Quant aux 17 personnes isolées : 12 sont en attente d’une réponse à leur 1ère demande d’asile, 2 sont en recours à la CNDA, 3 dépendent de la procédure « étranger malade » .

Si la Métropole gérait dans la légalité ces migrants, ils devraient tous être hébergés et pris en charge : accompagnés pour leurs démarches en cours .

Comment justifier ces situations alors que la région Auvergne-Rhône-Alpes sera aux dires publics du directeur régional de la Banque de France et du président de Lyon place financière, la 8ème région la plus riche d’Europe devançant celle de Hanovre et de Barcelone au niveau du produit intérieur brut ? Cette région estimée en pleine croissance dont le revenu par habitant vient juste après celui de l’Ile de France …

Or, la Métropole dispose de multiples immeubles vides (car en attente de leur remplacement par des bâtiments neufs plus petits), qui seraient réquisitionnables temporairement afin de pouvoir loger les 2000 personnes qui quotidiennement dans l’agglomération sont laissées sans réponse par le 115 .

La Ligue des droits de l’Homme exige que les dispositions concernant le logement prises en 2012 par la nouvelle majorité soient sans délai, mises en application .

 

Ligue des Droits de l'Homme

Section de Villeurbanne Est lyonnais