à Gaza, l’armée israélienne tue : l’inaction internationale aussi

A Gaza, au cours d’une manifestation pour le droit au retour qui a mobilisé plusde 30 000 personnes, seizePalestiniens ont été tués, samedi 30 mars. Selon leministère de la Santé de Gaza, ce sont aussi 1400 Palestiniens qui ont été blessés, dont 758 par balles réelles.
La Ligue des droits de l’Homme (LDH) condamne fermement la répression decette manifestation pacifique,ne menaçant en rien la sécurité d’Israël, ainsi que l’usage par l’armée israélienne de tirs à balles réelles à l’encontre desmanifestants. Le gouvernement israélien qui en a donné l’ordre doit être
condamné sans réserve par la communauté internationale.
La liberté de manifester est un droit fondamental et l’usage de balles réelles à l’encontre de manifestants interdit par le droit international. Mais comment parlerde droits quand il s’agit, pour les Palestiniens, d’un déni permanent depuis desdécennies ? Comment faire entendre raison dans la spirale d’une situation
coloniale qui conduit le gouvernement israélien à ordonner ces crimes ?
Pour la LDH,aucune démocratie ne peut prétendre l’être et réprimer par lesarmes les manifestations.
La situation à Gaza où vivent près de deux millions de personnes est, on le sait, catastrophique : enfermement, chômage, pauvreté, faible accès à l’électricité, pollution de l’eau et épuisement des nappes phréatiques. Gaza est au bord del’asphyxie.
Face à un défi humanitaire et politique, la LDH rappelle que s’il n’y a pas de solution militaire à ce conflit, le statutquo n’est pas non plus tenable pour lesPalestiniens enfermés à Gaza et occupés en Cisjordanie.
La communauté internationale, en laissant se prolonger cette situation, est, elle aussi, responsable des exactions qui se commettent en toute impunité. Tout laisse présager une poursuite du mouvement et d’autres affrontements, coûteux en vies humaines : il faut agir vite.

Les armes tuent. Le silence et l’inaction aussi.