Tchetchénie 05/02/2013

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Russie  - refus de visa pour une chercheuse française : un domaine de recherche trop sensible ?

(d’après AFP 01 février 2013)


Le travail d'un centre de recherche en sciences sociales et humaines financé par la France à Moscou est paralysé par le refus des autorités russes d'accorder le visa demandé par sa nouvelle directrice, a-t-on appris vendredi.
Des dizaines de scientifiques russes représentant des universités de tout le pays ont adressé une lettre au ministre des Affaires étrangères Sergueï Lavrov, lui demandant d'intervenir pour permettre l'attribution de son visa à la nouvelle directrice du centre, Amandine Regamey, a révélé vendredi la radio Echo de Moscou.
Ce centre est un maillon central dans la collaboration entre la France et la Russie dans le domaine des sciences humaines et sociales, ont plaidé les signataires, parmi lesquels le démographe Anatoli Vichnevski et le président de l'ONG Memorial Arseni Roguinski, selon le texte dont l'AFP a eu copie.
Le Centre franco-russe a notamment pour vocation de favoriser les travaux de chercheurs français en Russie, et de chercheurs russes en France.
Amandine Regamey est Chercheur associé au CERCEC (Centre d'études des mondes russe, caucasien et centre-européen), Maître de conférences à l’Université de Paris I. Spécialiste de la Russie, elle a vécu plusieurs années dans l’ancienne Union Soviétique, en Russie, Biélorussie et Ukraine. Elle est coauteur de plusieurs ouvrages sur la Tchétchénie. Elle a notamment travaillé sur la guerre de Tchétchénie et les violences en Russie, un sujet particulièrement sensible et qui ne doit pas laisser indifférent les autorités russes.

« Nous sommes très inquiets de voir les autorités russes s'immiscer dans la politique scientifique d'un centre français », ont souligné les signataires de la lettre. « Nous pensons qu'il est indispensable d'en défendre vigoureusement l'indépendance », ont-ils ajouté, précisant qu'Amandine Regamey avait été nommée en septembre par la France sur proposition de la communauté scientifique française.

Jointe par l'AFP, Mme Regamey a indiqué qu'aucune explication ne lui avait été donnée officiellement pour le refus de son visa.