Tchetchénie 05/03/2013

COMITE TCHETCHENIE DE LYON : de nouvelles informations chaque semaine

 

Une tragédie planifiée (d'après Nouvelles de Tchétchénie de février 2013)

La déportation totale des Tchétchènes et des Ingouches hors de la terre de leurs ancêtres, le 23 février 1944:

Le 17 février 1944, le camarade Béria communiquait à Staline que les préparatifs de l'opération “Tchétchévitsa” (“Lentille”) d'expulsion des populations tchétchènes et ingouchesétaient achevés. Il s'agissait d'évacuer 300 000 civils en 8 jours. Les 150 000 restants, habitant les zones montagneuses, le seraient les 4 jours suivants. Dans l'impossibilité d'accomplir cet ordre pour certains villages isolés par la neige, Béria ordonna de raser ceux-ci après avoir massacré leurs habitants. 700 civils furent brûlés vifs à Khaïbakh, entre autres horreurs. A l'automne 1944, Staline fit arrêter les 17 500 Tchétchènes-Ingouches qui combattaient au front. Sous le prétexte de la collaboration avec les Nazis des Tchétchènes et des Ingouches! A l'issue de cette déportation, selon les chiffres du NKVD de l'URSS, quelques 145 000 exilés moururent, en route ou dans les camps d'Asie centrale. Le tiers de toute la population...

Cet événement épouvantable qui n'a épargné aucun tchétchène n'est presque pas évoqué dans les médias. Cependant 68 ans après, ça et là, de petits groupes de personnes concernées tiennent à commémorer cet événement dramatique. A Albi, le Comité Tchétchénie défend les réfugiés tchétchènes venus demander le droit d'asile en France et régulièrement menacés d'expulsion. Ils ont décidé de commémorer la déportation le 23 février dernier tout en dénonçant la situation actuelle.

 

Albi, «Il faut régulariser les Tchétchènes». (Un article de Alain-Marc Delbouys, la Dépèche du midi publié le 23/02/2013)

«Une chaîne de solidarité tarnaise réunit 1 200 € chaque mois pour assurer la subsistance de ces quatre familles, mais cela a assez duré.» Le collectif tarnais de soutien aux Tchétchènes espère qu'avec le nouveau gouvernement et la nouvelle préfète, Josiane Chevalier, le changement, ça va être maintenant. Ses militants le rediront lors d'un rassemblement, ce samedi à 15 heures, place du Vigan. Ils demandent la régularisation de 21 Tchétchènes, demandeurs d'asile, qui ont épuisé en vain tous leurs recours, mais dont le souhait de rester en France est justifié selon leurs amis tarnais. Même si Depardieu n'y voit que du feu, la vie sous la férule du dictateur Ramzam Kadyrov n'est pas redevenue normale : «Il y a des exactions (enlèvements, tortures, meurtres). On ne peut renvoyer là-bas ces Tchétchènes qui seraient menacés», plaident Guy David et Antoinette Gomez-Casagrande, deux porte-paroles. Place du Vigan, on commémorera la déportation des Tchétchènes en 1944, peuple déjà martyrisé sous Staline et on entendra de la musique tchétchène, en espérant que ces airs portent jusqu'à la préfecture.