Tchetchénie 19/03/2013

COMITE TCHETCHENIE DE LYON : de nouvelles informations chaque semaine

 

 

La mobilisation se poursuit autour d’une famille tchétchène, installée à Segré (49)

 

La France renvoie des Tchétchènes en Russie depuis peu de temps. Sans doute considère-t-on que la situation est normalisée en Tchétchénie, cependant des citoyens français réagissent par leur mobilisation face à ce qui n’est qu’une opération de communication : nous avons nous-mêmes à Lyon de nombreux témoignages de Tchétchènes arrivés ici parce qu’ils craignent encore et toujours pour leur vie.

 

Synthèse de différents articles de Ouest-France : Depuis le mois de décembre 2012, un comité de soutien s’est constitué pour défendre une famille venue de Tchétchénie, entrée clandestinement en France en 2009, installée à Segré (Maine et Loire) depuis 2010 mais menacée d’expulsion.

Jean-Noël Gaultier, conseiller régional (PS) avait même pris la plume pour écrire au ministre de l’Intérieur, Manuel Valls, en lui demandant de traiter le dossier avec bienveillance.

Pourtant, la préfecture a estimé que la famille a « épuisé l’intégralité des recours administratifs permettant d’obtenir le statut de réfugiés. Par ailleurs, ils ne remplissent pas les conditions justifiant une admission exceptionnelle au séjour au regard de la circulaire du Ministre de l’Intérieur du 28 novembre 2012, qui requiert notamment 5 ans au moins de présence sur le territoire et la maîtrise élémentaire de la langue. La famille doit donc désormais quitter le territoire français. »

Cinq silhouettes colorées ornent désormais les portes de la sous-préfecture de Segré. Comme les cinq membres de cette famille tchétchène, arrivée à Segré en 2010 et aujourd’hui sous le coup d’une OQTF, une obligation de quitter le territoire français, délivrée par la préfecture.

La famille vit dans l’angoisse, celle d’être arrêtée et d’être transférée au centre de rétention de Rennes, étape finale avant un retour au pays. « Mais ils ne sont pas isolés. » Les parents d’élèves ont déposé à la sous-préfecture une lettre, signée par 90 parents, pour exprimer leur souhait de voir les deux enfants tchétchènes poursuivre leur scolarité, à Segré. Sandrine Braud, présidente de l’association des parents d’élèves des écoles Dolto et Fontaine, en lit des passages. Elle y parle de « voisins, de citoyens. De l’intérêt de l’enfant qui doit primer », elle évoque leur souhait de « se reconstruire, être en sécurité. »

Ce samedi 16 mars, on fêtait un « anniversaire » particulier place de la République de Segré. Pour la dixième fois depuis le 12 janvier 2013, les adhérents et amis du comité de soutien à la famille tchétchène ont à nouveau tourné autour de l’îlot central. Brandissant des pancartes et offrant aux passants la possibilité de signer pétitions et livre d’or, les membres du collectif poursuivent leur mobilisation.

« Le 13 mars, il devait y avoir un recours devant le tribunal administratif, qui a été reporté à deux semaines. Et compte tenu de la situation politique et militaire de leur pays, la famille menacée d’expulsion doit éviter d'y rentrer », a expliqué Roland Briend, du collectif.