Tchetchénie 14/05/2013

COMITE TCHETCHENIE DE LYON : de nouvelles informations chaque semaine

 

 

DU BON USAGE POLITIQUE DES ATTENTATS

 

Selon Reuters, Vladimir Poutine lors de sa séance annuelle de questions-réponses le 25 avril dernier a donné son opinion sur un partenariat Etats-Unis-Russie :

 

Ce jour-là, il s'est abstenu de critiquer les Etats-Unis pour leur incapacité à empêcher le double attentat de Boston, alors que Moscou avait signalé dès 2011 l'un des deux suspects, Tamerlan Tsarnaev, à Washington. Il en a tout de même profité pour défendre l'emploi de la force au Nord-Caucase, dénoncé par les organisations de défense des droits de l'homme.

"Nous avons toujours dit que l'action était nécessaire, et pas seulement les paroles. Maintenant, deux criminels ont prouvé la justesse de notre thèse", a-t-il dit, en prônant un renforcement de la coopération en matière de sécurité entre la Russie et les Etats-Unis alors qu'approchent les Jeux olympiques d'hiver de Sotchi en février.

"Si nous joignons véritablement nos efforts, nous empêcherons de tels coups et nous ne souffrirons pas de telles pertes", a jugé Vladimir Poutine.

Au nom de la sécurité nous remarquons que Vladimir Poutine simplifie à l’extrême une situation complexe à l’aide de quelques mots qui attirent le consensus et rapproche artificiellement des situations très différentes. Nous nous souvenons que peu après son arrivée au pouvoir et alors qu’il était très critiqué par les pays occidentaux pour la manière dont il avait lancé la guerre en Tchétchénie en cautionnant les massacres et les tortures il avait retrouvé une sorte de respectabilité en amalgamant l’attaque du 11/09 aux USA et les combats dans le Caucase. Maintenant alors que l’enquête sur l’attentat de Boston commence à peine il en tire déjà des conclusions au point de présenter un ennemi qui serait commun aux Etats-Unis et à la Russie et plus largement au monde occidental afin que personne ne lui pose plus de questions sur les graves manquements aux droits de l’homme commis en Tchétchénie et le blanc seing laissé à un tyran.