Tchetchénie 11/06/2013

COMITE TCHETCHENIE DE LYON : de nouvelles informations chaque semaine

 

Une histoire ordinaire de disparition suspecte en Tchétchénie

 (HRO.org du 29/05/13)

 

On nous demande souvent quelle est la situation en Tchétchénie. Nous voyons arriver dans l’Union Européenne de nombreuses familles qui fuient leur pays encore aujourd’hui. Voici un rapport d’une ONG d’aide juridique russe, le Comité d’Assistance Civique qui éclaire un aspect de l’ambiance qui règne dans ce pays.

Le 28 mai, le Comité d’Assistance Civique (CAC)  a reçu un rapport inquiétant venant de Tchétchénie. Tôt le matin du 22 mai 2013 dans le village de Yandi du district d’Achkhoi-Martan un habitant de Grozny, Beslan Baidulaev était porté disparu. La veille, le 21 mai Beslan avait rejoint sa maison de famille à Yandi pour aider aux tâches agricoles. Le soir il a soupé chez son cousin puis est retourné dormir dans la maison de famille. Au matin du 22 mai des habitants du village ont vu un grand nombre d’agents des forces de l’ordre près de la maison. Baidulaev n’est pas retourné à Grozny ce jour-là, ni plus tard.

Le 23 mai, on a ordonné aux proches de Baidulaev de venir au poste de police du district d’Achkhoi-Martan. Là on leur a dit que le 22 mai les forces de l’ordre avaient essayé d’arrêter Beslan mais qu’il avait pu s’échapper. Il leur a été ordonné de révéler où se trouvait Beslan Baidulaev, sous peine de voir brûler leur maison. Le 25 mai, les membres de la famille de Beslan ont été de nouveau convoqués au poste de police et d’après leurs dires, les mêmes exigences et menaces ont été réitérées.

La famille de Beslan Baidulaev à déclaré au CAC qu’en 2009 Beslan Baidulaev avait été condamné pour aide et soutien à des groupes armés illégaux. En 2010, après avoir purgé sa peine, il est retourné à Grozny et a entamé une vie paisible. Il s’est marié et  le couple a eu deux enfants. Chaque semaine il devait pointer au poste de police.

Sa famille est certaine que Beslan Baidulaev n’a eu aucun contact avec la clandestinité, pas plus qu’il n’a pu s’enfuir alors qu’il était le seul soutien pour son vieux père malade et qu’il était totalement dévoué à prendre soin de lui. De plus, selon ses proches, la maison de Beslan Baidulaev au village de Yandi est dans un lieu découvert. Beslan Baidulaev n’avait pas d’arme, les voisins n’ont pas entendu de coup de feu et plusieurs douzaines de policiers étaient présents lors de l’arrestation. Dans de pareilles circonstances il est peu probable que Beslan Baidulaev ait pu s’échapper.
Les proches de Beslan Baidulaev craignent qu’il n’ait été enlevé et pu être soumis à la torture pour le forcer à donner un faux témoignage ou avoir été détenu illégalement en un lieu inconnu le temps que sa barbe pousse pour pouvoir le tuer et qu’il soit identifié comme un membre d’un groupe armé illégal. La police a déclaré qu’il s’est échappé afin d’empêcher sa famille de le rechercher.

Selon le CAC beaucoup de cas identiques montrent que les inquiétudes de la famille de Beslan Baidulaev ne sont pas sans fondements.