Tchétchénie 6/11/2012

COMITE TCHETCHENIE DE LYON : de nouvelles informations chaque semaine

 

Grève de la faim collective dans les centres de rétention polonais (extrait)

Grupa Wsparcia Protestujących Uchodźców (Groupe d’appui aux réfugiés manifestants)

Le Règlement Dublin 2 qui régit la prise en charge de la demande d’asile autorise un pays de l’Union Européenne à transférer un  demandeur d’asile vers le premier pays où il a été enregistré. La France utilise ce règlement sans modération et par exemple de nombreux réfugiés Tchétchènes sont renvoyés vers la Pologne contre leur gré. Nous soutenons que notre pays à l’égard de personnes qui demandent une protection vitale devrait considérer la situation telle qu’elle apparaît par exemple, en Pologne, dans ce texte. Ce texte permet aussi de comprendre, en partie, pourquoi tant de Tchétchènes ne restent pas en Pologne.

 

Grève de la faim de masse dans les centres pour étrangers

Soixante-treize personnes placées dans les centres surveillés pour étrangers de Bialystok, Biala Podlaska, Przemysl et Lesznowola ont décidé de mener une grève de la faim. Ce n’est pas la première fois que des demandeurs d’asile placés en détention manifestent, mais pour la première fois des informations concernant leur grève sont accessibles au public. Jusqu’à présent, les grévistes étaient placés à l’isolement et punis de diverses manières, sans que la population en soit informée. Les détenus exigent entre autres : le droit à l’information dans une langue qu’ils comprennent, le droit de communiquer avec le monde extérieur, le droit aux soins médicaux, à l’éducation des enfants et des mineurs détenus, le respect des droits des enfants, l’amélioration des conditions sociales à l’intérieur des centres, la fin des mauvais traitements et des violences, l’arrêt de la criminalisation des demandeurs d’asile.

Les demandeurs et demandeuses d’asile ont décidé de frapper ensemble, dans plusieurs lieux de détention polonais, en espérant que leur voix ne sera pas ignorée et occultée par les médias.

En août 2008, 21 Géorgiens détenus à Biala Podlaska avaient protesté contre la durée excessive des procédures. En 2010, 37 réfugiés du centre surveillé de Przemysl ont mené une grève de la faim pour exiger l’amélioration des installations et l’accès aux soins médicaux. En décembre 2009, un groupe d’environ 200 Tchétchènes et de Géorgiens a pris le train pour Strasbourg, siège du Conseil européen et du Parlement européen pour protester contre les politiques de l’Union européenne envers les demandeurs d’asile. Les banderoles suspendues aux fenêtres du train indiquaient qu’ils avaient fui les persécutions, demandaient de l’aide et indiquaient « Nous sommes des êtres humains ». Ils avaient cependant été arrêtés à la frontière entre la Pologne et l’Allemagne. De plus, dans les centres polonais des grèves individuelles sont constamment occultées, mises sous silence et brutalement réprimées par les gardes.

Vendredi 12/10, la députée au Parlement du mouvement Palikot, Mme Wanda Nowicka, a fait part de sa préoccupation concernant la situation dans les centres dans une lettre adressée au commandant en chef des gardes-frontière, le général Dominik Tracz, où elle a écrit entre autres : « Nous allons élaborer une proposition visant à créer une équipe parlementaire pour enquêter sur ces allégations ».