Communiqué de presse du Collectif Rrom Solidarité Vaulx en Velin

17 Septembre 2013

 

Le Collectif Rrom Solidarité Vaulx-en-Velin s’est constitué en décembre 2012 et regroupe un certain nombre d’habitants, d’associations, de partis politiques, de syndicats ou d’élus. Notre but : les Roms ont le droit de vivre dignement, nous leur devons la solidarité !

Choqués par l’incendie de l’usine Catupolan sur Vaulx Sud obligeant les familles à rechercher un terrain pour reconstruire « un habitat de fortune », nous avons vu monter toutes sortes d’intolérances.

Après un passage sur un terrain situé à la Rize, nous avons pu mesurer que pour la société française, et notamment les collectivités locales, l’accueil de la population rom était de plus en plus difficile. Les propos tenus par certains n’ont fait que stigmatiser d’avantage ces hommes et ces femmes ce qui nous a amené à alerter le Président de la République.

Le 14 janvier dernier, notre Collectif adressait une lettre ouverte à François HOLLANDE concernant la situation extrêmement difficile dans laquelle vivent les Roms dans notre agglomération et lui demandant l’application de la circulaire du 26 août 2012, signée par sept de ses ministres, relative à l’anticipation et à l’accompagnement des opérations d’évacuation des terrains illicites. Un certain nombre de questions lui étaient posées notamment sur la scolarisation des enfants, les interventions sanitaires sur les différents terrains, le logement, le droit au travail.

M. HOLLANDE a transmis ce courrier à Monsieur le Préfet pour qu’il puisse nous « informer de la suite qui pourra être réservée à notre intervention ».

Nous avons également interpellé le Ministre de l’intérieur sans aucune réponse.

Loin d’apporter une échéance positive à la situation de la population Rom, les expulsions se sont poursuivies sans qu’aucune solution politique ne soit apportée, sans accompagnement du travail déjà entrepris par les associations de terrain.

Ces expulsions n’ont fait que faire grossir les bidonvilles déjà existants créant ainsi des zones sanitaires à risques aux portes de la métropole lyonnaise.

L’expulsion du bidonville de la TASE le 23 août 2013, la traque policière de ces familles qui venaient déjà de tout perdre, les fausses vérités dites ici et là, les conditions de vies de ces femmes, hommes et enfants inhumaines, ont confortés notre engagement à soutenir les demandes déjà faites auprès de Monsieur le Préfet, d’organiser une table ronde regroupant l’ensemble des partenaires (la préfecture, les différents maires de l’agglomération, toutes les associations intervenant sur les différents camps, …). Ces demandes sont restées sans réponse.

L'expulsion du 23 août à Vaulx-en-Velin a été faite dans le non-respect de la circulaire : pas d’anticipation pas de concertation avec les associations, une fois de plus les familles errent dans les rues de l’agglomération et tout est à reconstruire.

Le 4 septembre dernier nous apprenions que le Préfet organisait une rencontre de tous les Maires de l’agglo, mais sans convier les associations. Au-delà de la polémique, nous nous réjouissons d’avoir œuvré à la mise en place de cette rencontre « même si aux dires du Préfet elle était impossible ».

A travers ce communiqué de presse, nous souhaitons exprimer publiquement que le collectif prendra acte de la décision qui pourrait émaner de cette table ronde et que nous resterons vigilants quant au sort de la population Rom.