Les conditions de détention à la Maison d'Arrêt de Lyon Corbas

Les conditions de détention à la Maison d'Arrêt de Lyon Corbas ont connu depuis juin 2016 une période de profonde dégradation.

La cause principale de ces difficultés est parfaitement connue : alors que la population incarcérée est en net sureffectif de manière continue, le nombre de personnels surveillants effectivement présents a présenté sur cette période un déficit de l'ordre du quart par rapport à l'effectif théoriquement nécessaire.

De ce fait, à de nombreuses reprises, tout ce qui touche les « activités » des détenus, à savoir tout ce qui se passe dans les salles des sous-sols (cours, interventions diverses y compris celles des CIP) a été suspendu.

Une « solution » provisoire a été proposée à certaines associations qui consistait à organiser les rencontres au parloir avocats. Il est arrivé que même cette « solution » soit impossible à mettre en œuvre du fait de l'absence des lieutenants responsables des bâtiments.

Dans ces conditions non seulement l’ensemble des détenus a subi cet été –et pour combien de temps encore ?– des conditions de détention particulièrement difficiles, à savoir pratiquement 23 heures sur 24 enfermés en cellule sans accès aux activités de musculation ou aux bibliothèques, mais leurs droits ont été malmenés du fait des restrictions d'accès aux Conseillers d'Insertion et de Probation, ainsi que - pour les étrangers notamment - du fait des limitations apportées aux activités d'aide et de soutien de bénévoles au fait de leur situation juridique.

Les associations intervenant sur la MA de Corbas déplorent cet état de fait de carences graves de l'administration pénitentiaire. Elles constatent que cette situation n'était pas imprévisible et demandent quelles mesures concrètes et effectives sont envisagées pour en éviter qu'elle ne perdure.