RESF s'indigne de la mise en garde à vue de Nathalie Perrin-Gilbert

Lyon, le 21 décembre 2013

Un délit de solidarité qui ne dit pas son nom


RESF s'indigne de la mise en garde à vue de Nathalie Perrin-Gilbert,
maire d’arrondissement à Lyon


De nombreux militants RESF – parents et enseignants - ont pris part mardi 17 décembre 2013 à Lyon 1er à l'action visant à demander la réquisition légale des bâtiments publics.
 
A ce titre RESF souhaite rappeler quelques faits :

  • Nathalie Perrin-Gilbert a depuis des années montré, à côté de RESF, son soutien aux familles sans papiers (et pour certaines à la rue).

  • C’est l’hiver, le plan froid est lancé depuis un mois et pourtant chaque soir des familles, des enfants dorment à la rue faute d’hébergements d’urgence.

  • Le logement est un droit : Nous ne pouvons tolérer que des personnes en France soient tenues à l'écart de ce droit par l'état et les collectivités territoriales et locales.

  • L'initiative de cette manifestation est née d'habitants du quartier fatigués de l'absence de réponse du 115 et des pouvoirs publics aux demandes de logement de familles d'enfants scolarisés dans le quartier (écoles Servet, Victor Hugo, collège La Tourette etc…). Le bâtiment dont les manifestants demandent la réquisition légale est vide et chauffé.

  • Au même instant, dans le 7e arrondissement, une action menée par les parents d'élèves de Berthelot et Gilbert Dru entendait dénoncer les mêmes carences des services de l'état et du Grand Lyon.

  • Depuis les élections présidentielles, RESF ne peut que constater que les soutiens politiques se font de plus en plus rares et le regretter. Heureusement quelques élus continuent d’être présents : Nathalie Perrin-Gilbert et Armand Creus étaient bien là, ce soir-là, dans le 1er arrondissement pour marquer leur soutien aux 200 à 300 personnes qui s'étaient  rassemblées.

 

 

  • L'action qui se voulait symbolique s'est déroulée, du côté des manifestants, sans violence. Les personnes sont entrées dans le bâtiment sans effraction et sans faire aucune dégradation. Elles en sont sorties de leur propre chef, parfois à contre-coeur, mais en acceptant et la décision collective et la médiation des élus.

  • Les policiers ont gazé la foule de personnes massées devant l'entrée du bâtiment parmi lesquelles des enfants et... les deux élus !

Aussi, face aux faits, RESF s'indigne de la mise en garde à vue d'une élue – Nathalie Perrin-Gilbert, maire du 1er arrondissement de Lyon – pour « incitation à la violence» et plus généralement des mises en garde à vue, en France, de militants et simples citoyens qui mènent des actions pour palier les manques des dispositifs institutionnels. La suppression du délit de solidarité ne devait-elle pas s'appliquer ?
RESF s'étonne également de la réaction de certains élus lyonnais à la présence de Nathalie Perrin-Gilbert aux côtés des manifestants ; plusieurs d'entre eux demandant sa démission. Nous ne sommes ni des criminels, ni des terroristes : en quoi son engagement à nos côtés est-il un délit ?
RESF rappelle qu'aujourd’hui à Lyon comme ailleurs en France, des familles dorment dehors en attendant une éventuelle prise en charge dans le cadre de l’hébergement d’urgence. Face à cette situation la ville de Lyon ne nous oppose que des chiffres et des lignes budgétaires.
Plusieurs de ces familles aujourd’hui à la rue sont sans papiers et sont connues et soutenues par les comités de soutien RESF.
RESF continuera de demander la régularisation des familles sans papiers, continuera de réclamer qu’elles soient hébergées, et continuera de solliciter les élus dont la responsabilité est de faire exister dans l'espace public une vie sociale conforme aux principes qui restent officiellement ceux de la république française.
 
RESF Rhône